16Juillet

Choisir de défendre les libertés

Posté par christophe le 2013-07-16
dans De l'avenir numérique

2013

Le groupe d'indépendants ThinkerView a mis en ligne une interview de Jérémie Zimmermann, membre et co-fondateur de la Quadrature du Net, qui révèle le gouffre abyssal entre les analyses qui peuvent être faites d'un événement comme l'affaire PRISM et le pâle miroir aux alouettes proposé par les médias de masse.

Dans un précédent article, je me demandais, non innocemment, si les journalistes de ces médias n'étaient pas finalement nuls. Après une telle interview, la question ne se pose plus : la question n'est bien entendu pas de savoir s'ils sont incompétents, mais de comprendre le système qui les amène à être sourds et aveugles aux logiques fondamentales de nos sociétés entièrement tombées dans un capitalisme qui n'en finit plus de tout ravager. Les médias de masse ne peuvent pas interviewer des personnes telles que Zimmermann, ils n'en font même jamais mention. Parce que les opinions en marge qui remettent en cause leur système sont soit ignorées, soit ridiculisées soit récupérées ; dans les trois cas, l'objectif est de servir le système, de le nourrir.

Il n'est pas possible pour ces chiens de garde de citer aujourd'hui un Zimmermann sur un tel sujet car, comme ce dernier nous le dit, ce que cette affaire révèle est bien loin de tout ce que les médias de masse ont fait croire depuis longtemps alors que les indépendants mettaient le doigt sur des déviances, doutes, interrogations. Aujourd'hui les preuves sont là, et malgré elles, ils continuent de tenter de masquer la vérité en se contentant de rester le sujet bien moins polémique (et pourtant bien mal analysé ici aussi) de l'asile de Snowden. Pour comprendre tout cela, il n'y qu'un clic à faire : Reflets parle de cela depuis déjà très longtemps. Mais ce n'est pas TF1 ou France2, RTL ou Europe 1 ; ils n'ont pas fait de Grande Ecole ou une école de journalisme. Comme quoi...

Zimmermann ramène le sujet à ce qu'il doit être : un retour aux bases du principe de démocratie pour analyser ce qui fait société. Il revient sur la question pourtant simple « pourquoi il est important de protéger la vie privée ? » et y répond simplement en rappelant qu'elle est essentielle à l'application des autres libertés fondamentales.

Il met également le doigt sur une problématique essentielle : la fermeture du numérique à l'heure actuelle, acceptée par les politiques, ignorées par le peuple et poussées par les intérêts industriels. Les enjeux ne sont pas connus, mal médiatisés et nos politiques ne peuvent pas nous défendre dans un tel système. Il y a donc un « rapport de force » à reposer, « assez mal engagé pour nous (…) car tout a été assez bien mis en oeuvre ». Il évoque la stratégie du choc qui permet de faire passer des mesures disproportionnées ; lorsqu'on connaît son sujet, on s'en aperçoit chaque jour dès lors que les sujets du numérique et de l'internet sont évoqués par les politiques. A chaque fois, il est question de mesures sécuritaires, contournant les libertés, au nom de pseudo-sujets, de prétextes (piratage, pédophilie ne sont que des prétextes évoqués, comme s'ils étaient propre à internet, pour détruire l'internet tel qu'il est aujourd'hui).

Cette vidéo évoque surtout la grande difficulté de cerner les problématiques majeures de nos sociétés. Cela demande du temps de recherche, de lecture, d'analyse ; tout ce que la majorité des journalistes ne font plus, aux prises entre des intérêts économiques et politiques qui les contraignent, les enferment ; enfermés dans des formats et un prisme unique, une vision de la société biaisée par ce prisme, ils sont devenus incapables d'être les révélateurs de toute réalité. Ils ne sont donc plus des gardiens de la démocratie, mais des gardiens d'un temple plutocratique qui cherche en permanence à consolider ses fondations. Cette vidéo devrait nous alerter en tous points sur la façon dont nous nous dirigeons, peu à peu, vers un totalitarisme mondialisé d'une nature nouvelle qui aura détruit tous les garde-fous : les nations, les cultures, les peuples, la langue.

 

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