2Nov.

De sournoises tractations

Posté par christophe le 2012-11-2
dans De l'avenir numérique

2012
La presse s’acharne sur Google ! Elle lui reproche en effet de faire de l’argent sur les liens menant à ses articles. Oui, certes, il s’agit d’un moteur de recherche et, qu’on soit pour ou contre n’y change pas grand chose : le rôle d’un moteur de recherche est de proposer un mode de recherche sur le web, et il est bien légitime, dans le système économique qui est le nôtre, que “quelque chose” finance un tel service.
Non contente de ne rien entendre au modèle internet, la presse entend le bousculer, le renverser. Elle semble avoir convaincu la classe politique, jusqu’au somment du pouvoir, et il apparaît aujourd’hui possible que des dinosaures, incapables d’imaginer la mutation du monde, tentent bientôt d’imposer d’anciennes recettes dont les effets auraient des impacts catastrophiques pour nous tous, car elles ne feront que renforcer le “nouvel esprit du capitalisme” et son effet nous-mêmes.
Ce que ces non-penseurs entendent changer, c’est faire appliquer une taxe sur l’utilisation du lien hypertexte menant vers leur contenu, et interdire tout lien hypertexte n’ayant pas eu leur autorisation préalable. Une sorte de droit d’auteur, non plus sur le texte, mais sur l’hypertexte ! Une hérésie quand on a compris  que c’est justement refuser le principe-même d’internet. Car, oui, vous l’aurez compris, si une telle non-idée passe par la loi, cela s’appliquera à nous tous, pas seulement à Google. La presse aura ainsi réussi à abandonner l’idée qui a été à la base de sa création : la liberté d’expression. Car sans lien hypertexte, comment ferons-nous pour apposer une critique à leurs contenus, ou pour contribuer à la diffusion d’une information dont nous ne sommes pas l’auteur ?
Il faut bien que la presse vive. Tout le monde en conviendra. Mais un tel enfermement, accompagné d’une privation à la diffusion et la critique, tuera l’information déjà mal en point. En effet, ce que nous appelons information et aujourd’hui trop souvent devenu une diffusion mondialisée de faits divers combinés à des faits politiques et sociaux traités selon le bon vouloir de quelques uns. Ne plus nous donner la possibilité de la critique consacrera le modèle de la publication comme seul et unique moyen d’expression : la télévision, l’édition journalistique et l’édition du livre seront alors les seules informations disponibles et tueront l’analyse et la critique politique. Nous parlons bien sûr ici d’une même classe : la classe qui partage les mêmes écoles (de journalisme ou grandes écoles), les mêmes milieux, les mêmes avis sur la question : nous sommes trop cons, pardon du terme, pour réfléchir et donner notre avis, pour décider du bien commun et de l’orientation à prendre. Nous devons nous fier, aveuglément, à cette classe qui sait quoi faire, quoi penser, quoi ordonner.
C’est cela qui se cache derrière les tractations sournoises de cette affaire, rien de moins. C’est pour cela qu’internet doit rester un réseau neutre, imbécile. Un réseau sur le lequel l’information circule sans censure.
Voyez vous-mêmes ! Dans cette article, je n’ai volontairement lié aucun hypertexte. Saurez-vous facilement retrouver les références ? Non, certes non...  

Commentaires

Poster une réponse



(Votre email ne sera pas affiché publiquement.)


Captcha Code

Click the image to see another captcha.