15Mars

L'enfant au risque du virtuel - partie 7

Posté par christophe le 2010-03-15
dans De l'avenir numérique

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numérique
2010

Dernier retour sur le livre de Serge Tisseron (1), et pas des moindre car on va s'intéresser un peu au virtuel.


Le virtuel : « Qui existe en puissance, qui est à l'état de simple possibilité dans un être réel. »

 

La représentation du virtuel est complexe. On l'oppose au réel et on en reste généralement là. On y englobe tout et son contraire touchant de près ou de loin au numérique, à l'internet, au jeu vidéo, au cinéma de science fiction, etc.
Le virtuel n'a pas en soi une connotation aussi sombre que ce qu'on veut bien lui prêter dès lors qu'on ne le comprend plus. Son usage devrait, au moins, nuancer cette connotation. Mais il me semble que plus le virtuel a trait au loisir, moins il est considéré. Par exemple, le virtuel devient facilement une aberration lorsqu'il nous plonge dans un univers fictif au travers d'un jeu vidéo. Mais la même virtualité sera considérée sérieuse lorsqu'elle aidera le pilote de chasse à s'exercer à moindre coût sur un simulateur de vol ; et on s'extasiera lorsqu'on vous dira que le jeu vidéo est très utilisé par les pilotes pour améliorer leur acuité visuelle.

Que dit Serge Tisseron sur le virtuel ? Il en précise trois définitions et en déduit la raison profonde pour laquelle un adolescent est très vite séduit par lui. 

 

Les trois définitions :

 ce qui sera peut-être un jour

 ce qui peut advenir à tout moment

 ce qui est opposé au corporel

 

Le 1er cadre est temporel (le virtuel y est un futur aléatoire « en puissance »)

Le 2ème est spacial (le virtuel y est présent ailleurs, même s'il est absent ici)

Le 3ème est spirituel (le virtuel y est une présence immatérielle qui se donne « comme si »)

 

Or, il apparaît clairement que chacune de ces définitions correspond précisément à une préoccupation majeure de l'adolescence :

 "l'adolescent est perçu comme tourné vers l'avenir."

 "Il n'actualise à chaque moment qu'une partie de ses possibilités sans qu'on puisse savoir si celles-ci sont des « potentiels » provisoirement passés sous silence ou des potentialités appelées à croître lentement."

 "Il est au coeur de la problématique qui oppose le spirituel au charnel : embarrassé dans une anatomie qui change trop vite (…) il imagine volontiers un monde où le corps soit absent."


Comprendre cela, c'est comprendre l'adolescent face au virtuel et à ce qu'il l'attire, sans doute sans qu'il en ait conscience.


Quant à l'attirance, Serge Tisseron appose trois caractères au virtuel :

 le sentiment d'immersion

 la possibilité d'interagir

 la rencontre avec un autre humain

« L'adepte virtuel cherche toujours ces caractères ensemble, même si l'un d'entre eux le motive plus particulièrement. »


 

Méditons...

(1)  L'enfant au risque du virtuel, Serge Tisseron, Sylvain Missonnier, Michael Stora, Dunod, Paris 2006  

 

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