7Juillet

Météo politique : augmentation probable de la propagande

Posté par admin le 2017-07-7
dans De l'éducation aux médias

2017

La façon dont Macron utilise les Institutions et sa présidence devient décidément très inquiétante : non content de posséder tous les pouvoirs, insatisfait par l’usage abusif des ordonnances pour démanteler par la force le droit du travail, décidé à contrevenir aux libertés fondamentales en inscrivant dans le droit commun les mesures de l’Etat d’Urgence, Macron en veut plus.

Dernièrement, j’écrivais dans une série de trois articles (la perversion au pouvoir, la novlangue au pouvoir et la finance au pouvoir) mon inquiétude face aux signes que lâche le président depuis son élection : l’importance de la novlangue, et particulièrement l’usage d’une novlangue managériale à un point qui ferait pâlir Valls lui-même ; les discours qui transpirent la perversion et le mépris (mépris de classe et mépris de la classe politique) ; la volonté d’imposer son rythme et ses méthodes (dont le silence) à la presse ; et bien entendu un lien qui n’est même plus caché avec la finance à laquelle tout sera concédé.

Mais je ne pensais pas lire dans les journaux ceci : « La République en marche veut devenir un média pour relayer ses messages » nous informe Le Monde. Ce titre peut signifier tout et son contraire, certes. Vous me direz « ben quoi !? Un parti politique n’a plus le droit, à l’heure d’internet, de diffuser ce qu’il veut ? » Bien entendu, qu’un parti politique informe ses opinions, ses choix, va de soi. Ce n’est cependant pas de cela qu’il s’agit. Selon Le Monde, il s’agit pour La République en Marche de «  développer sa propre production de contenus » en recrutant « des rédacteurs et des vidéastes pour faire connaître les initiatives et les messages de ses adhérents sur le terrain ». Et Laurence Haïm de rajouter : « Nous voulons associer davantage la presse quotidienne régionale. Mais nous voulons aussi développer des contenus, de manière décentralisée. Si les médias n’y vont pas, on ira.»

Résumons : LRM va développer son propre dispositif de création de contenus, en présupposant que la presse, pourtant déjà bien à sa botte, ne relaiera pas comme il se doit.

Il y a deux choses à en dire.

La première consiste à faire un peu d’histoire (très) contemporaine. Lorsqu’il a écrit la Constitution de la Vème République, De Gaulle avait comme intention de renforcer le pouvoir de l’exécutif ; il s’appuyait sur l’expérience de la IVème République et de ce qu’il estimait être un poids trop important donné aux partis politiques, l’intérêt de la France n’étant pas au cœur de leur préoccupation. L’histoire de la Vème République jusqu’à Hollande montrera que ses Institutions n’auront pas permis, après De Gaulle, de donner moins de place aux partis. Depuis les années 1980, l’installation d’un bipartisme aura eu deux conséquences notables : la répétition des mêmes politiques, avec quelques nuances assez rares, et la confiscation de tous les pouvoirs entre les mains de deux partis. Il est trop tôt pour faire de l’histoire sur l’arrivée de Macron et sa pseudo-vision (qui, de mon humble avis, n’est que communicationnel) des partis politiques comme instruments du passé. Mais Macron nous l’a suffisamment affirmé pour ne pas en tenir compte ici : il inscrivait sa démarche dans une vision de la politique sans les partis, pour le peuple qui s’en libérait. Aujourd’hui, nous voyons bien la mascarade : LRM est devenu un parti politique comme les autres.

La seconde nous invite à nous interroger sur le sens de la presse. LRM et son président se sont déjà manifestés, à plusieurs reprises, par une méfiance exceptionnelle de la presse (allant jusqu’à refuser l’interview du 14 juillet au prétexte que la pensée de Macron serait trop complexe). Cette méfiance n’a pour seule rivale dans la démesure que l’hypnotisation de cette même presse depuis des mois. Ainsi, dans un tel contexte, que va-t-il se passer : le parti du président au pouvoir va créer ses propres contenus, les imposer à la presse et cette dernière, pour obtenir des images, devra se plier au dictat du fournisseur de contenu. Ce principe existe déjà, nous l’avons déjà observé notamment durant la campagne de Fillon. Il leur faudra donc se ranger, dans un monde audio-visuel qui n’a jamais fait l’effort de l’analyse d’image.

Allons droit au but : un parti politique, surtout s’il est au pouvoir, ne peut pas être créateur de sa propre lecture, de sa propre analyse. Cela s’appelle de la propagande, et c’est extrêmement dangereux. Il n’y aurait que deux recours pour la presse : s’indigner et refuser les contenus venant de Macron si les portes (filmer, interviewer, critiquer) leur sont fermées ; ou accepter les contenus mais en faire une vraie analyse de fond et de forme afin de signifier le caractère de propagande du média.

Je crois que nous savons déjà ce qu’il se passera.

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Avertissement : cette caricature n’a évidemment pas pour but de comparer LRM au parti nazi ou Macron à Hitler. Elle n’a pas pour but de comparer le régime totalitaire et raciste hitlérien à la présidence Macron. Elle a pour but de titiller sur la façon dont la propagande, quelle qu’elle soit, naît et se propage. La vigilance est de mise, en toute circonstance, même lorsque la propagande « n’est que » libérale. Un parti politique, quel qu'il soit, NE PEUT PAS être son propre analyste.

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