11Juillet

La méchante toile

Posté par christophe le 2013-07-11
dans De la culture télévisuelle

2013

Reprenant le titre de l'Est Républicain "Cybercriminalité : tous en danger", Reflets revient sur un procédé médiatique ancré dans les moeurs de l'information des masses : la diversion. 

Lorsqu'on connaît son sujet on ne peut que s'inquiéter de l'incompétence mobilisée. Il n'est pas compliqué de rassembler les informations qui d'un côté démontreront que la gravité de cybercriminalité est bien plus un problème d'une nouvelle forme de terrorisme et de guerre, et de l'autre que la fraude à la carte bancaire relève plus des failles de la sécurisation des cartes elles-mêmes que de l'internet.

Je me souviens qu'au tout début des années 2000, lorsque j'étais formateur en informatique et qu'internet n'était encore qu'une curiosité pour bien des gens, il m'était souvent posé la question de la sécurité des achats sur internet. M'étant informé sur la question, je savais déjà que les risques étaient liés à la carte et que l'extrême majorité des fraudes étaient liées à des arnaques qui n'avaient strictement aucun lien avec le fait d'acheter ou pas sur internet.

Depuis tout ce temps, les médias aiment à ne pas mieux informer sur les véritables risques et surtout à dénoncer le démon qui réside en internet. Dans cette recherche du sensationnel et de la critique sans limite du concurrent, ils n'ont jamais lâché l'affaire : internet dans sa forme actuelle doit mourir et aucun sujet n'est trop gros pour faire diversion. La carte bancaire, la pédophilie, le téléchargement, la haine raciale, etc.

Dans un système télécratique dans lequel la recherche de l'audience prime et où le temps est si cher qu'il faut "faire simple" et "faire court" (Bourdieu, De la télévision), les raccourcis et les diversions sont la règle qui conduit inmanquablement à la déresponsabilisation des journalistes et des politiques. Mais le monde ne fonctionne pas ainsi, il n'est pas simple, il est complexe. Il faut donc l'analyser, l'expliquer et le transformer dans sa complexité. Sinon, comme la politique nous y a habitué, nous serons réduits à subir le joug des solutions simples qui ne résoudront jamais rien.

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