19Juillet

Plus belle la vie ...

Posté par christophe le 2013-07-19
dans De la culture télévisuelle

2013

Quelle belle époque !
Nous sommes en démocratie. A tel point que nous sommes capables d'analyser des systèmes moins "évolués" que le nôtre en argumentant que la démocratie ça s'apprend. Nous sommes dans un pays qui fait de l'instruction une priorité. Tout de même, nous sommes dans le pays de Voltaire, Rousseau, Molière ! Et puis 80% d'une classe d'âge a son bac. Nous avons la liberté d'expression, surtout si c'est celle de notre opinion, fût-ce t'elle extrême ou en marge. Dieudonné en témoignera.

Quelle belle époque. Nous poursuivons sur la route de nos aînés, à l'image de Napoléon ou de notre IIIème République ; ceux qui avaient utilisé l'Histoire à des fins politiques, idéalisant Vercingétorix, Clovis, Jeanne d'Arc. Il fallait forger l'idée d'une Nation et l'Histoire, quitte à la travestir, est parfaite pour cela. Ca nécessite bien entendu d'utiliser de la propagande et de s'appuyer sur le manque de culture du peuple.

Nous poursuivons sur cette route depuis toujours. Les livres d'Histoire dans nos écoles, collèges et Lycées sont là pour en témoigner. Le décalage, énorme, entre ce que la recherche en Histoire nous dit et les transformations opérées avant le passage vers la transmission en témoigne.

Et il y a le cinéma. Hollywood, depuis que le Congrès des USA l'a voulu au début du XXème siècle, est une gigantesque industrie culturelle. Mais ne nous trompons pas sur le mot : une industrie culturelle n'est pas une industrie pour la culture (à savoir faciliter les Arts et donner accès à toute sorte de culture). Une industrie culturelle est une industrie de déploiement, de colonisation d'une culture. C'est ce que fait Hollywood avec les deux déclinaisons : dans les formats, standardisés, captant l'attention par des techniques connues, familières, rassurantes ; dans les contenus, simplifiés, idéalisants, accessibles à tous donc pauvres en sens.

Et voilà la télé, avec une schéma identique mais des raisons différentes. Il faut capter l'attention car la télé est financée par la publicité. Je développe cela dans un autre article et j'y reviendrai donc. L'essentiel ici est de comprendre que la télé a également besoin de simplifier les choses. Les raccourcis sont facilitants.

J'apprends dans l'Express que l'émission Plus belle la vie vient d'introduire dans sa trame scénaristique le mariage des homosexuels. Nous nous voyons donc proposé un sujet d'actualité, qui plus est un sujet de société, dans un format non adapté à son traîtement. L'ensemble du processus est complètement irréfléchi. D'un côté nous avons vécu la fermeté du politique qui a refusé de débattre du sujet et des médias quasi-incapables de nous inviter à une réflexion sociale, préférant insister sur l'unique angle qu'est l'événementiel (masfestations et slogans des uns et des autres). De l'autre, des amateurs décident, sans être ni historiens ni sociologues, le déploiement une arme à effet massif sans aucune prise de recul.
Comment peut-on se dire responsable de ses actes lorsqu'on incorpore un tel sujet dans une fiction ? La seule forme qu'il mérite pour convaincre ou faire réfléchir les gens serait une fiction ? C'est à dire un format léger, basé sur des histoires fictives et donc incomplètes, déconnectées, irréelles. Les personnages décrits ne peuvent être que des caricatures non représentatives de quelque réalité que ce soit, qui ne permettent en aucun cas de considérer les problématiques d'un point de vue global. Une telle émission va donc mettre en valeur des émotions, des pulsions, et arrêter les opinions à ce qu'elles ne sont pas : de l'audience.

C'est un hors sujet complet.


 

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